Jeune Kayak Parisien by toosport.com
Kayak de mer à Perros Guirec

Kayak de mer à Perros Guirec

Informations sur cet événement kayak
Equipes :
Jeune Kayak Parisien - CDCK 75
Organisateur :
Armel
Niveau :
Tous niveaux

Date et spot
Date de début :
vendredi 01 mai 2009 à 06h00
Date de fin :
dimanche 03 mai à 22h12


Description
Horaires à définir, destination Perros Guirec

Compte-rendu
Le rendez-vous avait été donné à 6h au local du JKP ? Avait ? En effet les premiers métros commençant fort tard leur activité, à 6h je me suis trouvé seul devant le local fermé

Le rendez-vous avait été donné à 6h au local du JKP ? Avait ? En effet les premiers métros commençant fort tard leur activité, à 6h je me suis trouvé seul devant le local fermé. Mais où sont-ils donc passés ? 10 minutes plus tard voilà Julien puis Nicolas, Armel aussi. Enfin Paris 6 arrive : Guillaume, Diane puis Christophe sur son fier destrier à pédales. Il ne manque plus qu?Elisa. Une heure plus tard il manque toujours Elisa (on est bien obligés de l?attendre elle amène la troisième voiture)? Après appel il s?avère qu?à P6 la consigne d?horaire n?a pas été fiable. A 7h50 voilà enfin la dernière voiture. On charge les bagages et on se case dans les interstices restants. Guillaume et Nicolas accompagnent Elisa dans sa saxo, Christophe prend la place du copilote dans la super5 de Diane, et je prends la dernière place avec Julien dans la mégane d?Armel. A 8h10 le portail du centre Brancion claque, le coup d?envoi est donné.

            Le temps est au grand bleu, pas d?embouteillages mais une circulation dense avec les départs en week-end. Le petit déjeuner est vite avalé sur une aire d?autoroute bondée puis on reprend la route en direction de la Bretagne.

            Il est près de 14h quand nous rejoignons enfin le centre nautique de Port-Blanc. Le soleil illumine le granit rose, les îles et la mer qui de bleu sombre au dessus des rochers devient turquoise sur les bancs de sable. Le paysage est sublime. Malgré cela, le vent souffle et le fond de l?air est frais. On sort donc les pulls et on descend piqueniquer sur la plage avec Patrick qui vient de nous rejoindre (en vacances sur place pour trois semaines le veinard). La marée descend et révèle peu à peu les rochers brillants. Des bancs entiers surgissent sous l?écume et forment des gués qui relient les îles les plus proches, formant un entrelacs de chenaux dans lesquels il nous faudra trouver notre chemin. L?envie de pagayer nous chatouille, le déjeuner est vite avalé et l?expédition s?organise. Les affaires de kayak sont sorties et on se change dans les vestiaires chauffés (sisi je vous jure) du centre. Pendant que certains sortent les bateaux et remplissent la paperasse, d?autres organisent les navettes pour apporter la voiture de Patrick et les affaires sèches au camping.

            Nous faisons donc connaissance avec nos montures de prochaines 48 heures : de superbes bateaux monoplaces en fibre avec dérive. La plupart du groupe choisit des Arktika Ultima aux lignes racées, sauf Diane, Christophe et moi qui aimons notre confort, et qui choisissons donc des Arktika (tout court) aux formes légèrement plus généreuses et à l?hiloire plus accueillant. Une fois les problèmes de pagaie réglés, les jupes ajustés et les gilets enfilés nous voilà partis.

            Nos bateaux sont nerveux, filent rapidement et virent avec une aisance bluffante, cependant leur coque en fibre est fragile et il faut être particulièrement attentif à l?embarquement sur la plage rocheuse du centre, et aux blocs de granit qui affleurent dans les chenaux. Nous partons en direction de la plage de Trévou-Tréguignec sur laquelle donne notre camping. Le soleil nous accompagne dans notre navigation. Les îles offrent des paysages superbes, leur granit semblant avoir jailli de l?eau. La côte déchirée parsème ses blocs roses le long des bandes de sable couverte d?une eau cristalline qui fait ressortir les sombres touffes de varech parsemant les roches immergées. Les bouées et les petits fanions marquant l?emplacement des nasses à crabes et autres engins de pêche parsèment notre itinéraire. Soudain une de ces bouées rondes et noires, un peu plus luisante que les autres, se tourne vers nous,  révélant deux grands yeux et des moustaches blanches. C?est un phoque qui curieux viens nous rendre visite. Il plonge et refait surface plusieurs fois, visitant du regard les quelques kayaks qui se sont approchés, puis lassé, sonde et disparaît, nous laissant émerveillés de cette brève rencontre.

            Le soleil en a profité lui aussi pour s?éclipser dans les nuages qui petit à petit encombrent le ciel, et nous laissent présager une averse en fin de soirée. Arrivés en vue de la plage et du camping, nous tournons un peu dans les îles entourant la baie. Posé au sommet d?une falaise de granit rose, comme en lévitation, un énorme bloc en forme de bicorne napoléonien nous surplombe. Nous jouons un peu dans les passes avec le courant de marée qui nous porte et nous entraîne sans efforts entre les blocs affleurant. Finalement l?heure tournant et la marée continuant à descendre, nous décidons de rallier la plage. Impeccablement, sur une onde sereine, nos neuf kayaks viennent se ranger sur la plage de sable sous l??il intéressé de quelques promeneurs. C?est là que commence la corvée, un portage sur 300m de plage afin de rejoindre la route puis le camping qui heureusement se trouve juste de l?autre côté. Les vêtements secs nous attendent dans la voiture de Patrick et les douches chaudes nous sont grandes ouvertes.

            A nouveau les navettes s?organisent pour ramener toutes les voitures sur le terrain de camping. Devant le temps quelque peu menaçant nous nous hâtons de monter les tentes. Les kayakistes aiment leur confort, pour neuf participants, nous installons 6 tentes représentant un total de 17 places (pas plus de deux personnes par tente). Le temps semblant finalement se maintenir, on étend des bâches dans l?herbe fraichement coupée (mais pas ramassée, aïe) et on commence à préparer la popote. Diane nous a prévu le menu et nous concocte une spécialité : du thon-au-riz-à-la-tomate-au-b?uf-aux-herbes-de-Provence pendant que les pistaches et les tucs subissent un assaut en règle. On arrive à retenir le thon qui tentait de s?échapper de la poêle un peu trop petite et on mélange enfin la mixture dans de grands éclats de rire. Servie à grandes louchées, celle-ci est finalement avalée avec appétit. La pluie continue à nous épargner, nous laissant ranger les affaires. Puis nous nous lançons à la recherche d?un bar dans les environs du camping. La crêperie voisine nous met à la porte « Heu on fait plus restaurant que bar et on va bientôt fermer? », et le premier bar se trouve à 20 min de marche de là. On s?arrête donc pour deviser tranquillement devant la mer et dépités nous allons nous coucher pour être en forme le lendemain.

            8h. Réveillés par les chants insistants d?un coucou mélomane en veine d?inspiration, les kayakistes émergent, fraichement accueillis par le vent et le crachin breton. Le ciel est plombé et la brume s?accroche au moindre relief. Engoncés dans de multiples couches de vêtements nous faisons un sort aux madeleines devant le réchaud qui chante et le café qui tard un peu à fumer. Le programme de la journée s?organise. Diane et Armel partent faire les courses, pendant qu?Elisa prépare le taboulé du déjeuner. Le crachin persiste et la brume s?accroche sur la mer, camouflant les îles, estompant les reliefs et les écueils. On décide donc de remettre la sortie à l?après-midi, et nous partons à pied visiter les environs. On avait bien envisagé de mettre les kayaks dans la piscine chauffée du camping mais la mine patibulaire (mais presque) du gérant nous en a dissuadés.

            Le chemin détrempé qui devait nous mener vers les marais se finit en cul de sac, et les pieds trempés, nous prenons un autre chemin qui nous amène dans les blocs qui longent la côte. La brume se lève peu à peu et nous révèle bientôt les îles, les blocs, et au fond de la baie, les vagues, qui poussées par le vent et la marée viennent déferler sur la plage. Nous rentrons au camp déjeuner et nous préparer à affronter les vagues.

            Nous faisons un sort au pâté de campagne et au taboulé, puis nous nous décidons à enfiler nos froides combinaisons. Elisa ne se sent pas à affronter les vagues et décide de nous laisser à notre plaisir masochiste pour aller flâner sur la plage de Ploumanac?h. Une fois le portage réalisé, nos huit kayaks sont face à la, mer, et nous nous décidons à braver les rouleaux qui brassent le sable de la plage.

            Parti le premier, Christophe montre l?exemple, il file tout droit, attend le bon moment et sans coup férir se retrouve au large, au-delà des déferlantes à nous attendre. Encouragé par sa réussite les autres s?élancent. Diane, Guillaume et Patrick se font malmener et éjecter de leurs embarcations. Julien s?élance au moment où les vagues sont au plus fort. Sur l?une d?elles, sont bateau se dresse à la verticale et retombe en arrière : un magnifique soleil qui l?envoie à son tour barboter. Armel nous gratifie également d?une magnifique chandelle, mais d?un savant coup de pagaie eskimote et repart. Guillaume, Patrick, Julien et Nicolas rejoignent Christophe, passant au bon moment, je réussis à les rejoindre sec, mais je ne suis alors qu?en sursis. Armel reste sur la grève pour accompagner Diane qui ne parvient pas à franchir les rouleaux. A sa quatrième tentative et son quatrième vidage (et au troisième eskimo d?Armel), elle renonce à nous rejoindre. C?est en fait un prétexte pour nous expédier Armel et rester seule sur la plage pour draguer les surfeurs qui jouent dans les vagues. Cependant devant leur jeunesse, comme elle est respectueuse de la loi, l?ingénue se rabat sur un moniteur de voile du centre nautique de Port Blanc et lui joue la comédie de la faible femme ayant besoin d?aide pour porter son kayak. Le dernier témoin ayant rejoint le large, nous n?en saurons que ce qu?elle voudra bien nous dire?

            Pendant ce temps les bateaux restant en lice ont rejoint une zone abritée. Nous faisons une pause, le vent est masqué, la mer est d?huile, nous ne man?uvrons pas ?. Bah faut-il vraiment une excuse pour prendre un bain ? La réponse est évidemment non. Je me débrouille pour perdre l?équilibre dans des conditions idéales, et au ralenti retourne tranquillement mon kayak. L?eau est glaciale, et s?insinue par mon col mal fermé. Surpris par le froid je lâche ma pagaie et ne tente même pas un eskimo. Timidement je sors mes mains pour demander de l?aide sans grande conviction. Au bout de deux secondes je me décide à prendre un bain et je quitte mon hiloire. J?en serais quitte pour apprendre l?embarquement en pleine mer. Guillaume viens à mon secours, vide mon bateau et m?explique comment réintégrer mon hiloire. J?y parviens finalement, mais le froid ne me quittera plus.

            Nous quittons notre abri et prenons la direction de la baie de  Perros-Guirec. Le vent nous prend à partie et complique notre navigation, heureusement nos dérivent remplissent leur office. Nous franchissons la baie, doublons la Pointe du Valet au sud de l?île Tomé et visons la Pointe du Château au nord de Perros-Guirec. Une petite pause barre de céréales devant une des balises du chenal de l?Anse de Perros, et nous reprenons notre route. Le vent et le courant du chenal se combinent et la mer forcit. La houle enfle et fait danse nos bateaux. Nous rejoignons enfin le large de la pointe visée, mais la Roche Bernard ne nous offre aucune protection contre le vent ou la houle. Nous faisons donc demi-tour et retraversons le chenal. A on grand soulagement (je l?avoue) nous quittons cette zone agitée et reprenons une navigation plus côtière. La marée a continué à baisser et de nouveaux bancs de roches sont apparus. Nous louvoyons dans les divers chenaux sur une mer plate, à la recherche du passage de plus court vers notre point de départ. Finalement nous nous décidons à un petit portage pour éviter un grand détour. Kayaks à la main, nous traversons une étroite bande de rochers couverts de varech où les pêcheurs à pied recherchent activement coquillages et crustacés (pas de plage abandonnée à l?horizon). Nous rejoignons bientôt la baie d?où nous sommes partis. Avec la marée basse les vagues ont perdu de leur puissance, mais elles déferlent toujours sur la plage, nous permettant de tenter quelques surfs sur les crêtes écumeuses. Pendant que nous jouons dans les vagues où les bouchains aigus de nos bateaux font merveille, Christophe rate son accostage, plante sa pagaie dans le sable et brise net la pale. Patrick se retourne dans les rouleaux et attend sagement que le rouleau suivant le remette dans le bon sens (regardez, sans les mains !!!). Finalement nous accostons tous. Diane vient nous rejoindre, et la galère du portage reprend. Heureusement une douche chaude nous attend au camping.

            Une fois les vêtements secs et chauds enfilés, on s?attelle à la préparation des pâtes carbonara (« mets pas tant de crème ! » « Mais si faut bien lubrifier les pâtes ! » « Mais non ça fait couler les lardons au fond !!!! »). Malgré les opinions divergentes sur ce point éminemment scientifique, tout le monde fait honneur au plat (et à la sainte trinité pistaches-bière-cahuettes). Ce soir nous avons prévu la fermeture des barrières du camping et nous sortons juste avant la saxo d?Elisa qui nous emmène à l?Elektron Libre, un bar très sympa caché dans les environs. La Britt, la Coreff et la Dremmwel coulent à flots (mais avec modération, et 5 fruits et légumes frais). Je défie Armel, Patrick et Nicolas aux fléchettes dans une partie de 301 qui s?éternisera avant la victoire d?Armel, alors que Diane, Elisa et Guillaume engagent des parties de Jungle Speed enragées. Finalement la fatigue se fait sentir sur nos épaules, et nous rejoignons nos tentes et la douce chaleur de nos duvets alors que les premières gouttes d?une averse viennent frapper nos abris.

            8h. Encore une fois vent et crachin sont au rendez-vous mais notre ami coucou aura aujourd?hui une heure de retard (probablement pas un modèle suisse). Les plus frileux s?installent sous l?auvent d?un mobil-home en vente où le réchaud est installé. Cependant le kayakiste pèse son poids et mal calé, le bungalow bascule. On se précipite, et on arrive à sauver le café que l?on boira debout en bravant le climat.

            L?heure est vite venue de renfiler nos tenues humides et glacées. Il faut naviguer jusqu?à Port Blanc pour rendre nos kayaks. Diane fait mine d?être découragée par le froid, et charge son bateau sur sa voiture, en se dévouant pour apporter nos affaire sèches sur la ligne d?arrivée. On ne lui montre pas mais on se doute bien qu?il ne s?agit que de man?uvres de diversion pour obtenir du temps seule au centre nautique avec un  certain moniteur de voile?

            La marée est montante et vient mettre à flot nos montures échouées. Les vagues sont calmes et tout le monde les franchit sans encombre. Le ciel est gris mais l?horizon est dégagé. Le vent souffle et lève la houle qui gênera notre progression. Une fois de plus les dérives de nos bateaux seront mises à contribution. Nous rejoignons vite les chenaux abrités des îles de Port Blanc. J?accompagne Nicolas et Julien dans une folle expédition en direction du sommet d?une des îles, coiffée d?une construction en forme de menhir. La vue alentours est imprenable. Nous redescendons vite vers les bateaux et reprenons notre navigation. L?eau est calme et nous sommes à l?abri du vent. C?est l?heure de l?entrainement. Eskimos et man?uvres de sécurité s?enchainent devant le centre nautique, puis fatigués nous débarquons. Nous rendons nos kayaks et profitons d?une douche brûlante.

            Nouveau piquenique sur la plage. Le soleil est revenu et le ciel s?est dégagé. Patrick nous abandonne sa part de jambon et de maquereaux (et de pistaches-bières-tucs) et retourne reprendre le cours de ses vacances. Une fois que nos coups de soleil nous satisfont, nous nous décidons à retourner au camping pour plier bagages. Le soleil sèche les tentes en quelques minutes. Nous devisons joyeusement et levons le camp à 16h passées. Partir tard nous évitera finalement le plus gros des bouchons. La circulation est dense mais ça roule finalement assez bien. Nous nous retrouvons sur une aire d?autoroute juste avant Chartres. Nous dévorons les restes de provisions et nous nous séparons. Elisa et Guillaume ne vont pas jusqu?à Paris. Nicolas intègre donc le voiture d?Armel et nous repartons pour le JKP. Nous arrivons vers 23h, le camion des marins d?eau douce n?est toujours pas revenu. Diane non plus n?arrive pas. Lâchement je suis Julien et Nicolas et nous abandonnons Armel qui attend Diane et Christophe car ce dernier a laissé son vélo dans le local. Le visage rougi par le soleil, les yeux pleins d?images et les baskets pleines de sable je rejoins vite mon lit et le sommeil réparateur. Vivement la prochaine.

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Mur..

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