Bivouac K-mer boire la tasse à Cancale - Entraînement Spitz
Informations sur cet événement kayak
- Organisateur :
- Laure
- Niveau :
- Niveau avancé
Date et spot
- Date de début :
- jeudi 14 avril 2011 à 18h05
- Date de fin :
- dimanche 17 avril à 23h05
Description
WE de trois jours consacré aux manoeuvres de sécurité dans le courant en vue du Spitz en alternance avec l'avancement des préparatifs logistiques du voyage. De ce fait cette sortie ne peut être ouverte aux personnes extérieures au projet. Sorry...
Photos et vidéos
Aucune photo et vidéo publiée
Compte-rendu
JEUDI.
Départ pour un we de trois jours du côté de
Cancale. Au programme : 3 demi-journées de patouille et sauvetages
collectifs dans les courants de la Vieille Rivière entre la pointe du Grouin et
l'île des Landes et 2 demi-journées de préparatifs pour le voyage au
Spitzberg en mode wifi et travaux de groupe. Si c'est pas du team building ça !
Après
un chargement efficace et bien rodé, nous sommes 5 à partir de Paris
vers 20h avec 2 voitures et 6 bateaux. (Chris)Tof nous rejoint sur
place. Trajet - classique - à base de palabres techniques sur
le Thermomix Nucléaire, le soulèvement d'une voiture avec l'énergie
dégagée par
un Bounty (62 mètres), la surface de panneaux solaires nécessaires à
faire
avancer une voiture (un terrain de foot), ou encore les vitesses
comparées du compteur de la voiture versus le GPS. Pause - classique -
sur l'aire de Saint-Denis d'Orgues : on
commence à avoir nos petites habitudes. Arrivée vers 1h00 sur le lieu
de bivouac derrière un parking qui s'avère être un terrain miné :
backstage / lieu
d’aisance de la plage située à 5 min, merci bien. On a oublié la "2
Secondes"... Mémel et moi montons pour la première fois la forteresse
"MSR Fury" à la frontale - sans incident- tandis que Gui récupère les
morceaux de la tente de Christophe. Dodo vers 2h00, perturbé par un
groupe de
djeuns festifs qui remontent de la-dite plage.
VENDREDI.
Petit-dej-retrouvailles
avec les copains Bretons. 9h15 : Direction Port Picain où on pêche Christophe (en
avance ? à moins que nous ne soyons en retard…) pour une première
demi-journée de révision des exercices avec K1 et K2 en eaux calmes dans l'anse
du port. Gui aidé de Ludo a concocté un programme d'exercices aux petits
oignons avec schémas et tutti quanti, sous la houlette de Dav. Je parade –pour l’instant-
avec ma combi étanche de chaperon rouge toute neuve… (affaire à suivre). Ca
esquimaute à tour de bras pour se mettre en confiance et se donner du courage. Chris
et Mémel de me rassurer : avec la combi étanche tu as l’impression d’être
mouillé, mais en fait, tu restes sec. Ah bon.
A la baille tout le monde !! Au menu : récupération à
l'esquimaude (par deux), sauvetage du K2 par 2 K1, récupération en
autonomie (par deux), paddle float (tout seul)... Ca se passe plutôt pas mal, même si quelques « petits »
ajustements restent à faire :
-
Coup dit de la récupération à l’esquimaude ou le
sauveteur (mézigue) noie le sauvé (Chris) en lui maintenant la tête sous l’eau
par les bretelles du gilet. Conséquence : bain collectif et récup improvisée par Armel et Ludo.
-
Coup (au sens propre) du paddle float n°1 (Hiloire :
1 – Nez : 0) avec David en support (« Mets ton coup de pied sur la
pagaie… pas ton genou, ton coup de pied ! » « Désolée j’entends plus
rien, j’ai mal au nez ! »)
-
Coup du paddle float n° 2 : si tu ne t’appuies
pas du bon côté, tu passes de l’autre côté. Y’a plus qu’à tout recommencer. Sur
ce point, on retiendra quelques belles illustrations dont celles de Toch’ et Tof’,
pour notre plus grande joie à tous.
Christophe et Ludo sortent grands vainqueurs de l’esquimautage
en K2, comme quoi c’est possible.
Après deux heures et demi de rinçage de sinus, on sort se
mettre au sec . Eh oui, parce que la combi sèche en fait n’est pas étanche, DAMNED !
J’me disais bien aussi…
S’ensuivent les travaux de groupe à l’auberge de jeunesse, juste interrompus de quelques pauses et du dîner. Quelques
bières en loosedé pour remonter le moral des troupes. Périmètre de navigation, avitaillement, fonctionnement des journées, sécurité (si l’ours arrive
par la droite, par la gauche, s’il est caché derrière un caillou)… on a (presque)
tout passé en revue. Vers 22h30 ça commence à piquer du nez. Quelques courageux
jouent les prolongations après la fin des débats. Ca discute
cyclotourisme, pagaie noire et Justine Curgenven. A noter : bizarrement, il n'a pas été question de Beer Grills.
Une fois n’est pas coutume, les 7 gars sont collés dans une
chambre et les 2 filles dans une autre, d’où quelques prolongations bis avec
Karine : comptage de bleus et papotages de rigueur.
SAMEDI.
Après une
courte nuit (cf prolongationsss), douche (si si) et petit dej (avec ou sans
courbatures), reprise des discussions en deux groupes avec David en conseiller
technique : « organisation sur l’eau » et « organisation à terre », puis mise en commun. Ca avance bien, même si
certains commencent à trouver le temps long : il fait faim et on a envie d’aller
naviguer (que dis-je, nager !) ! A noter qu’on vient enfin à bout des
dernières boîtes de sardines et de maquereaux héritées de l’époque où Mathias
faisait les courses ;-)
14h50 : parés à affronter la « Vieille Rivière »
entre la pointe du Grouin et l’île des Landes, à 20 min de pagaie de là. Le
courant est en sens contraire, on remonte dans les contres mais ce n’est pas
plus mal car en cas de problème il nous ramène à l’intérieur de la baie. Petit
esquimau de mise en confiance et en température : l’eau est à 10°. On
aborde les lieux en mode progressif : la Vieille Rivière dépote pas mal
et elle est super large. Quelques bacs pour apprivoiser le terrain avec
des coachs sur mesure, Dav pour moi et Ludo pour Patoche. Ca passe. Pour ne pas
affoler les promeneurs et la SNSM, Ju déjupe, se met debout sur son
bateau et se jette à l’eau en premier dans le courant : les exercices
commencent. Ca patouille dans tous les sens et ça tournicote dans les marmites,
sur un petit air de valse bien connue (pom pom pompompom, pompom, pompom…*). On
se sert du contre de l’île des Landes pour remonter et se remettre dans le
courant. Essais de récupération « en autonomie » : deux
personnes à l’eau s’aident mutuellement à se remettre dans leur bateau. Chris
et moi ratons une fois de plus notre manip dès la mise à l’eau – décidément,
une malédiction pèse sur ce binôme ! Ca tourne pendant bien
deux heures et demi jusqu’à ce que Karine commence à grelotter. On décide de
faire le tour de l’île des Landes par l’Est pour se réchauffer. Ju raccompagne
finalement Karine qui frôle l’hypothermie…
L’Est de l’île des Landes c’est l’effet combiné du courant
et de la houle (quasi nulle à ce moment-là), de quoi faire de bons surfs dans
les bacs… voire de se baquer. Premier sauvetage « en situation » de
Patoche qui s’est fait surprendre par le contre. Appel dépalé de Guillaume avec Ludo dans le K2 qui a bien failli avoir
raison de l’équilibre inébranlable de l’embarcation. Second sauvetage de
Patrick au milieu des pavetons qui reste stoïque la tête en bas après un essai d’esquimau
tandis qu’Armel tente une « main de Dieu » de la dernière chance. Patrick
finit par se redresser avec la pointe de Dav. Christophe, impavide, enchaîne
les bacs et s’amuse bien. Pour le retour, passage par le Nord puis l’Ouest de l’île
qui peut s’avérer délicat. Cafouillage sur la compréhension des instructions,
ça part un peu dans tous les sens… Chris, Mémel et moi traçons direct côté
Ouest, Patrick frôle les cailloux et met les gaz, David râle : on a fait n’importe
quoi ! Passes à cailloux rigolotes le long de l’île et retour au Port, où,
ce n’est pas fini, on reprend les exercices en eau calme. Ludo et Gui font des
blagues cachés dans le K2, Chris essaie l’esquimau avec une bouée du port, on
refait du paddle float. Chronométrage de Dav sur le sauvetage du K2 : 1’24.
Après trois heures et demi on finit par sortir de l’eau à 18h30. Ma combi n’est
toujours pas étanche. Pendant ce temps, Karine se réchauffe tout doucement au soleil…
Direction le camping municipal (rrraaahhh, entorse au
règlement !) où le responsable nous informe que deux kayakistes
expérimentés qui jouaient dans la vieille rivière l’an passé ont été retrouvés
morts au mont Saint Michel. Mieux vaut entendre ça que d’être sourds.
Désagréable surprise : les arceaux de la tente mess, après trois
utilisations, sont fendus. On remballe. Mieux vaut que ça arrive ici que là-haut.
Mémel en chef avito s’est fait fort d’écluser
tout les stocks du club mais heureusement pour ce soir c’est paella-chorizo et
gâteau-bougies pour les annivs de Chris et Ju. Debriefing informel de la
journée. Dodo vers 1h30… ça va être dur demain !!
DIMANCHE.
7h00. Réveil
difficile et courbatures pour tous. Ju s’amuse avec son nouveau réchaud :-). Succès mitigé du lait de châtaigne ;-)
Retour à Port Picain,
même thématique mais dans l’autre sens : le courant cette fois nous dépale
vers le large. Ca s’ébroue par petits groupes. Le K2 fait du paddle float. Pat, tel le phoque sur son glaçon, se fait des glissades de carène, "ploup". Chris
et moi tentons une nouvelle fois le sauvetage à deux en autonomie… réussi au
bout de 10 minutes à la baille, une sortie vers le large et un tractage
bienvenu de David. Gui et Pat en K2 restent sur leur garde : faudrait pas
qu’on en perde un sans s’en rendre compte… Tentative d’esquimau (bis) en K2 avec
Armel... "Plouf, la vie parfois fait Plouf**". Au bout de deux heures, on commence à avoir froid et sentir la faim et la
fatigue. Retour au port. Derniers exercices – "T rescue" et esquimaux de Patrick et de Chris.
Déjeuner "test" plus ou moins concluant à base de nouilles chinoises des Frères Tang : Dav menace de ramener sa bouffe la prochaine fois ! Sieste au soleil.
Retour
sur Paname pour les uns, en sud Bretagne pour les
autres, et suite des vacances à vélo pour Christophe. Pause -classique
bis- à l’aire de Beuzeville (ses paninis, ses cookies…), instant
"dictionnaire" (qu'est-ce qu'un garde-chiourme*** ?) arrivée au
Club à 22h, vidage, rinçage et tri des affaires en une petite heure :
efficaces ! Rentrés avant minuit : pari réussi ! Reste plus qu'à
soigner les bleus et les courbatures !!!
Quelques réflexions à l'aulne des événements du we :
- l'hypothermie guette et ne prévient pas (ou si peu)
- En quelle durée 10 minutes dans une eau à 10 degrés est-elle convertible ? J'en sais rien mais c'est très long !
-
Savoir communiquer sur un sauvetage / dans un K2 / pour une direction à
suivre : pas toujours simple mais aussi essentiel que la technique !
- Au bout de combien de bains la combi sèche n'est-elle plus vraiment étanche ?
- le K2 finalement c’est rigolo, c’est un peu comme danser le Tango
- combien de temps faut-il à un groupe de 9 kayakistes pour écluser
25 boîtes de sardines et autant de maquereaux (réponse : un an et
demi). De combien de mètres aurait-on pu faire avancer la voiture en
recyclant l'huile de toutes ces boîtes ??? (Guillaume ?)
-
combien existe-t-il de combinaisons possibles de 9 personnes dormant
dans 5 tentes pendant 18 journées de 27 heures, avec 14 quarts, 6
super-intendants, 162 tours de garde, autant de nouilles chinoises, 8
demi-journées de repos, 54 vaisselles et 2 fusils ? (Bon courage Mémel
!!)
- Le facteur chance : même chose sous la flotte ? même chose dans le brouillard ? Le temps était sur mesure, merci la Météo !
Rendez-vous début mai pour la suite : même programme
avec bivouac et bateaux chargés…
Laure.
*
Richard Strauss
** Les Wriggles
*** Chiourme : équipage de forçats dans une galère