Chalaux

Chalaux

Du Vendredi 21 Avril 2006 à 19:30 au Vendredi 21 Avril 2006 à 19:30

Alexandre Aude David Méryl Nicolas Pierre-Antoine

Le compte-rendu

Dès vendredi, ce deuxième week-end Chalaux de l’année promettait d’être excellent : beau temps annoncé, gras d’eau, kayakistes surmotivés…

Mais dès dimanche tout part en vrille : Alex oublie tout, son casque puis son kway, Dave toujours trop devant baigne et cravate son bateau…et moi passe Courtibas comme une merde.

C’est ici que le Chalaux, c’t enfoiré a mis à mal ma croyance enfantine en mon invulnérabilité. C’est vrai que jusqu’à présent jamais mon corps d’athlète n’avait subi la moindre défaillance. Mais le fait d’être entrain d’écrire au clavier à une seule main prouve définitivement que je n’ai (mal)heureusement pas de pouvoirs extraordinaires et que nos pauvres épaules de kayakistes sont tout de même plutôt fragiles.

J’ai tapé le premier cailloux (qui aurait changé de place), je tombe dans le trou me retourne, tape deux ou trois blocs sous l’eau, puis sort difficilement du kayak, le bras gauche impossible à bouger.

Après vingt bonnes minutes de descente marchée aux cotés d’Alex, il faut encore attendre la navette. La douleur tente de me faire gémir, mais comme il a dit mon Papa : « Tu ne pleureras pas et tu seras un homme, mon fils », alors je ne gémis pas, je serre les dents et je reste un homme, papa.

Je peux tout de même avouer que j’ai failli m’évanouir quand le connard de nageur dit en me touchant l’épaule que si on le bougeait l’artère alimentant le cerveau pouvait éclater et alors je mourrai en quelques secondes. Une bonne demi heure passant, le capitaine Dave arrive en trombe. C’est en cabriolet rouge que je serai transporté à l’hosto, il ne manque que le gyrophare pour me croire chez les pompiers. En moins de vingt minutes, nous arrivons à l’hôpital d’Avallon. Je n’ai pas eu le temps et j’ai eu trop peur pour avoir mal : 120 km/h dans les virages, 150 dans les lignes droites, même héliporté je n’aurai pas été aussi vite !

Après cinq minutes d’attente en radiologie qui en paraissent cinq cents, la luxation latéro-interne est diagnostiquée. Le radiologue : « Vous vous êtes fait ça comment ? » « En mélangeant les lettres du scrabbles, ça se voit pas tuuucard !!» Mais je crois qu’il a posé la question uniquement pour occuper mon esprit.

Les infirmiers se décident enfin à me déshabiller et c’est tout un sketch : au kayak même en pleine forme c’est déjà pas si simple de se désaper mais alors là…

Je leur dis « Vous pouvez tout couper, de toute façon j’ai trop mal ».
Ils me répondent « Non, faut pas couper, le Docteur veut pas ».
« Putain mais couper, je m’en fous de ce kway ! Y a les assurances et en plus chui péter de tunes ! »
C’est le doc (ça doit être un fétichiste du vêtements de kayak) qui a le dernier mot et c’est à huit bras qu’ils me déshabillent sans le moindre coup de ciseaux, salauds !

Je m’allonge, le doc me met un masque respiratoire pour m’endormir, et là je crois bien que j’ai vu la mort de prêt : un long tunnel blanc, un jardin fleuri au bout et un air sourd de trompettes ...

Dans le gaz, j’entends :
- C’est normal qu’il réagisse comme ça ??!!
- Non, c’est bizarre, j’ai jamais vu ça, faut faire quoi ?
- Je sais pas !! Et vous vous pensez quoi ??!!
- ……..euhhh, on regarde dans le livre ?
- …..On augmente la dose ?
- Euhhh. Ok
-…. Leurs appareils commencent à biper dans tout les sens.
- On le perd, on le perd !!!
- 50 cc !
- Monsieur Dève, Nicolas ! Vous... étoiles ?

Et là, j’ouvre les yeux et marmonne un « ça y est, chui mort ? » et me rendors jusqu’à mon réveille allonger en sliboune, l’épaule enserrée contre mon corps et des fils de partout.

Ce n’est que vers 19h30, que je peux enfin sortir, rejoindre Alex, Meryl, Pierre Antoine, Dave et Aude et rentrer sur Paris.
RivièresRivières : Chalaux

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